Tout savoir sur le Chenin en 5 minutes

Le Chenin : cépage roi de la Loire

 

 

 

 

 

 

 

Le Chenin, tout d’abord implanté en Anjou au milieu du IX ème, ne fit son apparition dans le vignoble tourangeau qu’au début du XV ème siècle.

Le Chenin et ses identités multiples

Autrement dénommée pineau de la Loire, cette vigne blanche serait née d’une sélection de Pineau d’Aunis, un cépage noir qui portait aussi le nom de Chemin noir. Les vignerons privilégient la culture de ses souches sur des sites bien exposés et sur des sols caillouteux qui se réchauffe vite. Cela permet ainsi au “Botrytis cinerea” (pourriture noble) de se développer aisément sur les baies de Chenin et permet d’obtenir de grands vins liquoreux.

Le Chenin a fait une timide percé en Languedoc aux côtes du Mauzac et du Chardonnay. Mais c’est bien en Val de Loire qu’il donne ses meilleurs résultats. Il couvre en France 9500 hectares. Selon ses terroirs d’origine, Touraine ou Anjou, il offre un large éventail de vins. Suivant les millésimes et la proximité des vignes à la Loire, il sort des caves fraîches des vins secs, demi-secs, ou moelleux et, depuis la fin du XIX ème siècle des mousseux ou pétillants.

Le Chenin quitte la France

Depuis 1655, le Chenin est également cultivé en Afrique du Sud. Il s’est répandu par la suite en Californie, ou ses plantation sont aussi développées qu’en France , puis en Argentine, en Australie ou encore en Nouvelle-Zélande.

Reconnaître le cépage Chenin

Son goût, mélange de miel et d’acacia, de coing et de fruits confits, caractéristique de la sur-maturation du raisin. Leur robe va d’un jaune teinté de reflets verts à une couleur or profonde, la concentration du raisin par le champignon “Botrytis cinerea” se traduit par une couleur plus dense. L’âge apporte par la suite des nuances plus orangées. Les meilleurs liquoreux, surtout les grands millésimes peuvent atteindre un vieillissement de plus de 40 ans grâce à la grande acidité de ce cépage qui assure aux vins une bonne aptitude générale à la garde.

Découvrir le Chasselas

Le Chasselas : un cépage riche en histoire

L’histoire raconte que le Chasselas était cultivé aux environs de Constantinople depuis des temps immémoriaux. Sous le règne de François 1er, suite à la signature du traité de commerce avec la Turquie, un ambassadeur rapporta en France des sarments qui furent plantés à Thomery et au Château de Fontainebleau, afin de mettre sur pied la treille du roi. Des plants furent ensuite importés en Suisse, cultivés par des moines dès le moyen-âge.

Le Chasselas arrive en Suisse

De là, la culture de ce cépage gagna tout le pays vaudois, Genève, Neuchâtel, le Valais et le lac de Bienne. L’Alsace, Pouilly-sur-loire, Crépy et les Vins de Savoie sont les quatre représentants du Chasselas français. C’est au bord du lac Léman qu’il garde sa meilleure position, il offre des vins légers, souvent perlants, c’est à dire légèrement effervescents. En Suisse, il est connu sous le nom de Fendant, traditionnellement cultivé sur des coteaux très pentus pour bénéficier du meilleur ensoleillement. Autour du monde, le chasselas a été planté en Allemagne dès le début du XVII ème siècle, puis plus tard, il s’est répandu dans les pays de l’Est, ainsi que dans la péninsule Ibérique, en Italie, au Liban, en Israël, en Algérie. Au nouveau monde, il est cultivé en Californie, au Chili et en Nouvelle-Zélande.

Son goût, frais, légèrement perlant, laisse en fin de bouche une agréable amertume. Ses arômes, mélange de fines touches florales, de tilleul, avec un léger accent minéral, expriment son terroir. Ses grains produisent un vin jaune pâle, aux accents de miel et de fleur avec quelques notes épicées. La richesse est bien équilibrée.

Reconnaître le Chasselas

Reconnaître ce cépage: Après un bourgeonnement de jeunes feuilles rouges, la feuille du Chasselas devient d’une couleur verte clair. La grappe est cylindrique et porte des baies de couleur vert clair à jaune ambré tachetées de roux au soleil.

A la découverte du Chardonnay

Le Chardonnay, vedette de Bourgogne

Nous pouvons retrouver le chardonnay dans pratiquement toute la France, seuls le Sud-Ouest et le Centre semblent l’avoir oublié.  Les surfaces cultivées ont connu comme une grande expansion, étant passées de 19 870 hectares en 1988 à 35 123 hectares en 1999. Au Nord, le chardonnay occupe 27% du vignoble champenois. Au même titre que le pinot noir, il tient la vedette principalement en Bourgogne, son berceau historique. Dans le reste du monde, la superficie de ce cépage dépasse désormais 130 000 hectares et pourrait bien atteindre 150 000 hectares dans la prochaine décennie. L’Italie, cultive 11 800 hectares de ce cépage. L’Espagne, avec le cava qui est un vin effervescent produit principalement en Catalogne, peut lui aussi comporter une certaine part de chardonnay. Les États-Unis, où il représente plus de 36 000 hectares, soit une superficie supérieure a celle de la France. Il y a également la Californie, Washington qui a misé sur ce cépage dans les années 1980, l’Argentine, Le Chili, la Nouvelle-Zélande et surtout l’Australie qui n’a cessé d’accroître ses plantations .

Les vins chardonnay, tranquilles ou effervescents, secs ou doux, se distinguent par des arômes complexes qui varient selon les terroirs : depuis la pierre a fusil, le tilleul, et les fruits blancs (pêche, poire, litchi) à Chablis jusqu’au beurre et au miel d’acacia en Côte d’Or. Les Blancs de blancs sont les plus fins et les plus frais des champagnes, le chardonnay leur lègue ses flaveurs de pain grillé, de beurre, de brioche, de noisette et de paille sur fond de fruits blancs et d’agrumes citronnés .

Un signe distinctif du cépage, la robe des vins brille toujours d’un incomparable reflet vert…

Tout savoir sur le Carignan

La touche espagnole du Carignan

Le carignan, cépage noir espagnol, a été introduit en France au XIIème siècle, où il est devenu le premier cépage cultivé. Malgré les arrachages massifs pratiqués pour réduire de moitié les superficies de carignan, il couvre encore 102 000 hectares sur l’ hexagone. La production de carignan, appelé aussi bois dur, est très variable selon la situation des vignobles qui le cultivent et le mode de conduite : de 30 à 70 hectolitres à l’hectare en coteau contre 200 hectolitres en plaine. En France, le carignan se concentre dans trois régions : le Languedoc-Roussillon, la Provence et la Corse. Dans le Languedoc, les vignerons exploitent des vieux ceps sur des coteaux ensoleillés et sur des sols argilo-calcaires, des arènes granites et des schistes.

Le carignan reste un des principaux cépages des côtes-de-provence, costières-de-nîmes, faugères, minervois, st chinian, corbières et côtes de roussillon. Il est souvent assemblé avec du grenache noir, du cinsaut, de la syrah ou du mourvèdre. On retrouve aussi ce cépage en Espagne, notamment en Catalogne, où ses vins possèdent une robe intense et développe des arômes de fruit mûrs. En Italie, il est notamment utilisé a l’élaboration du carignano del Sulcis, un vin rouge ou rosé, parfois pétillant, produit en Sardaigne. Le carignan dans le monde recouvre plus 160000 hectares en Tunisie, au Maroc, en Californie, au mexique, en Uruguay, en Australie… Côté goût, le carignan propose généralement des arômes d’épices, de griotte mûre, de cassis ou de violette tandis que ses tanins restent souples et sans astringence.

Découvrez le Cabernet-Sauvignon

Le Cabernet-Sauvignon, le cépage typique du Médoc

Le Cabernet sauvignon, cépage médocain par excellence, donne tout leur caractère aux grands crus de la rive gauche de la Gironde. Il est également implanté en Espagne et très répandu dans les vignobles du nouveau monde.

Ce cépage ne produit des vins de qualité que lorsque ses rendements sont raisonnables. Dans le bordelais, les meilleurs vins sont issus des vieilles vignes dont le raisin produit un vin de belle concentration. Au contraire, les jeunes vignes peuvent produire 70 hectolitres d’un vin de qualité secondaire et qui ne peut être utilisé dans l’élaboration des grands crus.

En France, avec près de 51500 hectares, le cabernet sauvignon occupe la cinquième place au classement des cépages. On le retrouve principalement en Aquitaine, avec des sols graveleux et chauds, où il incarne les grands vins du Médoc. Dans le haut-médoc, on retrouve ainsi les six appellations qui produisent les vins les plus réputés du Bordelais: Listrac-médoc, Moulis-en-médoc, Margaux, Pauillac, Saint-estèphe, Saint-julien. On retrouve aussi le cabernet-sauvignon chez les vignerons du Sud-Ouest qui l’utilisent comme cépage secondaire de vins rouges et parfois rosés, notamment en Bergerac et en Buzet.

Dans le sud de la France, ce plant sert essentiellement pour la production  de vins de pays (11844 hectares en languedoc et 4350 hectares en Provence) mais aussi des appellations d’origine comme les côtes-de-provence ou les coteaux-d’Aix-en Provence. Ce cépage est aussi exploité en Loire (2000 hectares) pour les vins rouges ou rosés d’anjou, bourgueil, chinon saumur ou touraine.

Mais le Cabernet sauvignon est surtout le cépage de cuve noir le plus diffusé après le Merlot. Il couvre ainsi 165000 hectares dans le monde. On le retrouve notamment en Espagne, en Italie, en Europe de l’Est mais aussi en Afrique du Sud, aux USA, au Chili ou encors en Australie. Le Cabernet sauvignon s’identifie aisément par son goût de poivron. Il est à l’origine de vins colorés et tanniques. En vieillissant ces vins gagnent généralement une trame de tanins fins et s’ouvre sur des arômes complexes de cassis mûr, de cèdre et d’épices.

Dans le Médoc, les raisins de Cabernet-sauvignon ne sont jamais vinifiés seuls (jusqu’à trois quarts de l’assemblage) et sont souvent associés à du Cabernet franc, du Merlot ou du Petit-Verdot. Le Cabernet sauvignon est également omniprésent dans les vins de Pauillac. On y retrouve des notes de cassis, des arômes de cuir, vanille, réglisse et de torréfaction en raison de son élevage en fût. Le pauillac étant une appellation de très longue garde, il perd l’austérité de sa jeunesse au fil des années et gagne en finesse.

Tout savoir sur le Poulsard

Le Poulsard : la délicatesse d’un ancêtre

Très vieux cépage noir localisé en Franche-Comté, le Poulsard était déjà présent dans la région en 1386, sous le nom de Polozard. Il a grandement participé à la bonne réputation des rouges et rosés du Jura. On le trouve aussi dans l’assemblage des vins de paille de la région.

Le Poulsard est un cépage dont la délicatesse peut parfois effrayer certains vignerons. Sensible aux gelées printanières, aux temps froids, à la pluie et à plusieurs maladies,  il n’est également pas rare que sa peau se fissure lors de son transport. Une fragilité qui le pénalise pour sa commercialisation.

Implanté dans le Jura, l’Ain et le Doubs, il s’étend sur environ 300 hectares. Il entre dans la composition des appellations Arbois et Côtes-du-Jura. Il engendre des vins rouges et des rosés délicats et savoureux. Le Poulsard se vinifie également en blanc, notamment pour l’appellation l’Étoile, aux côtés du Chardonnay et du Savagnin.

Ce cépage apporte une couleur relativement pâle à ses vins lors de leur jeunesse.  Il est bien souvent vinifié seul, mais peut s’assembler au Trousseau et au Pinot noir. Chez les vins blancs, il apporte toute sa rondeur et une finesse aromatique très agréable en bouche.

Tout savoir sur l’Aligoté

L’aligoté : le cépage rescapé

L’aligoté est un cépage bourguignon qui aurait pu disparaître du paysage viticole français, car les vignerons de la Côte d’Or et de la Côte chalonnaise lui ont souvent préféré le chardonnay. L’aligoté a toutefois gagné des lettres de noblesse.

L’aligoté ne cesse de progresser dans le vignoble et couvre aujourd’hui plus de 1 700 hectares. On le rencontre également dans le Jura et en Savoie ainsi que dans la haute vallée de la Drôme. Dans son berceau bourguignon, il a longtemps occupé les coteaux avant de reculer dans les plaines sous la pression du chardonnay, plus en vogue. Il peut se targuer d’être l’un des rares cépages à donner son nom à une appellation bourguignonne : le Bourgogne-aligoté. En outre, depuis 1997, il a rejoint la cour des grands en se voyant reconnaître dans une appellation communale : Bourgeron. Le crémant-de-bourgogne bénéficie également de sa participation.

Il est aussi répandu dans les républiques de l’ex-URSS et dans de nombreux pays de l’Est. En Roumanie, ses raisins sont récoltés a sur-maturation afin d’élaborer des vins peu acides. Il y produit aussi des vins effervescents. En Bulgarie, dans la région méridionale de Chirpan, il entre dans les assemblages pour apporter sa note vive à des vins secs de bonne qualité qui connaissent un joli succès à l’exportation. On le trouve par ailleurs en Suisse, au Canada, en Californie et au Chili. Dans ce dernier pays, il est associé au sémillon et au riesling. La culture de l’aligoté dans le monde atteint ainsi 23 000 hectares.

Le goût : L’aligoté est indissociable de l’image d’un vin blanc léger et frais, à boire jeune, mélangé avec de la crème de cassis pour constituer un apéritif : c’est le vin blanc-cassis, surnommé kir au nom du chanoine député-maire de Dijon qui mit ce mélange à la mode après 1945. Selon les terroirs au sein de l’appellation bourgogne-aligoté, son vin admet des variations tout aussi marquées que celui des autres plants : vif dans les Hautes-Côtes, nuancé de note de fleur de sureau à Saint-Bris dans l’Yonne, comme s’il s’était inspiré du sauvignon.

A la découverte du Cabernet franc

Le Cabernet franc: un cépage d’assemblage

Le cabernet franc produit généralement des vins peu tanniques, à boire après 2 ou 3 ans de garde, qui satisfont un large public, dans le monde entier. Moins connu que le cabernet-sauvignon ou le merlot, c’est un petit producteur, de 40 hectolitres à l’hectare en bordelais à 80 hectolitres en Languedoc.

En France, on le retrouve surtout dans le Sud-Ouest et dans la Loire. Il est également présent en bordelais pour compléter les assemblages de cabernet-sauvignon et de merlot. Cheval Blanc faisant d’ailleurs la part belle au cabernet franc (60 % contre 40 % de merlot). Mais c’est surtout en Anjou et en Touraine qu’on le trouvera, dans les vignobles de Saumur-Champigny, St-Nicolas-de-Bourgueil, Bourgueil et Chinon.

On trouve également du cabernet franc aux quatre coins du monde. En Europe, il a été introduit en Italie dans le Frioul dès le XIXème siècle, mais aussi en Europe de l’Est (Yougoslavie, Hongrie…). L’Australie est également un grand foyer du cabernet franc avec 7500 hectares de ce plant. Il est aussi présent, à moindres mesures, en Nouvelle-Zélande, Argentine.

Le cabernet franc trouve toutes ses lettres de noblesse en Touraine. Les vins de Bourgueil distinguent ainsi vin de tuf et vin de terrasses. Les premiers, austères dans leur jeunesse peuvent se garder en cave plus de 5 ans alors que les seconds, très aromatiques sur des notes de cerise et de fraise, se boivent dans leur jeunesse. Le chinon privilégie la souplesse en bouche et l’élégance fruitée au nez, avec des arômes de fruits rouges et fruits à noyau.